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LA TORTUE DE BOURBON

21 mai 2021

L'Ouest de la Réunion, jusqu'à l'arrivée des hommes au 17ème siècle, était déjà un paradis, un lieu privilégié, pour les Tortues géantes de Bourbon.

 

D'après les nombreux écrits des visiteurs, leur population s'estimait à plus de 2 millions d'individus, que l'on ne rencontrait que sur la côte sous le vent.

 

Imaginez en 1666, Carpeau du Saussay, jeune aventurier de 19 ans et Champmargou, le commandant du Fort Dauphin (établissement des Français de l'époque à Madagascar), s’installant sur les « Sables de Saint-Paul », et pensant passer une première nuit paisible sous la voûte étoilée.

 

Il faut d'abord se figurer ce que représentaient le lieu des « Sables de Saint-Paul » à cette époque. Il suffit pour cela de visualiser l'actuelle ville de Saint-Paul, ses bâtiments, ses maisons, ses rues.. ,et de remplacer tout cela par une immense plage de sable noir.

 

Ce n'est donc pas l'espace qui manque à nos deux visiteurs, qui ont prévu dès le lendemain de rejoindre l'habitation d’Étienne Regnault premier gouverneur de Bourbon, située aux abords du « Grand Étang », notre actuel Étang Saint-Paul. Malgré cela leur nuit fût bien mouvementée, animée par les tortues géantes, qui, dès le coucher du soleil, descendaient déjà des montagnes par troupeaux de milliers d'individus. La nuit tombée, elles leur passaient sur le corps et leurs léchaient les doigts de pieds, ruinant leur espoir de trouver un peu de sommeil.

 

 

Les pauvres tortues, tellement abondantes et vulnérables aux appétits humains, furent préparées à toutes les sauces, embarquées par dizaines sur le pont de chacun des navires qui relâchèrent jusqu'au 18ème siècle. Capable de rester des semaines sans se nourrir, elles faisaient office de véritable garde manger sur pattes pendant les longues traverser qu'entreprenaient ces navires.

 

À partir de 1700 elles ne sont visible que dans le secteur de Saint-Leu où les colons commencent à peine leur installation. En 1770 elles ont déjà disparu du littoral et ne sont représentées que par une petite population sur l'Ilet à Cordes à Cilaos, qui survivra jusqu'aux environs de 1840.

 

Cylindraspis Indica a totalement disparu depuis cette date, mais elle a laissé son empreinte à travers les noms de certains lieux, comme le Piton Tortue de la Plaine des Cafres, celui de Mafate, ou encore le quartier Carrosse de Saint-Gilles. C'est en effet par le terme Carrosse que les Français du 17ème siècle désignaient l'incroyable reptile capable de transporter un homme.

 

Éradiquée du milieu naturel de l'Ouest réunionnais, la forêt semi sèche, elle laisse derrière elle un petit arbre orphelin, car ce dernier comptait sur elle pour déclencher le pouvoir germinatif de sa graine. Ainsi le fruit du Bois Puant (endémique Réunion), mets de choix pour la Tortue de Bourbon, n'a plus été ingéré depuis sa disparition, empêchant la régénération naturelle du petit arbre.

Un projet de réintroduction de la Tortue géante Aldabra des Seychelles pourrait participer à la restauration de l'écosystème forêt semi sèche de la côte Ouest...espérons que le fruit du Bois Puant soit à son goût ;)....

 

 

Aujourd'hui on peut quand même observer bon nombre de tortues marines et terrestre que centre de soin et de préservation de Kélonia à Saint-Leu.